Panneaux publicitaires

Lettre envoyée le 4 février à Madame la Ministre concernant les panneaux publicitaires :

Madame la Ministre,

Le 25 septembre 2014, votre ministère publiait un communiqué ainsi rédigé : « Les Français sont sensibles à la qualité paysagère de leur environnement, critère dont 7 Français sur 10 tiennent compte pour choisir leur lieu de résidence. Gisements précieux d’activités et d’emplois non délocalisables, les paysages sont des éléments déterminants du cadre de vie, de la santé et du bien-être de chacun et la condition d’un art de vivre ensemble. Ce capital paysager est notre bien commun. Il mérite d’être préservé, réparé, plus équitablement distribué et mis en valeur. »

Le ministère poursuivait encore : « Le temps est venu de relancer une action vigoureuse qui mette l’accent, au-delà des sites remarquables, sur les paysages du quotidien et les lieux de vie de tous les Français. Car les paysages sont aujourd’hui au cœur d’enjeux majeurs. »

C’est pourquoi, au vu de votre action passée et de votre volonté affichée de conduire une politique de reconquête des paysages, j’ai accepté Madame la Ministre, d’intégrer votre Comité de Pilotage de politique du Paysage sous la houlette de Jean-Pierre Thibault.

Aujourd’hui le projet de décret dit de « mesures de simplification de la réglementation des publicités, enseignes et préenseignes » constitue agression majeure contre le droit de l’environnement, en proposant de revenir sur les rares avancées obtenues lors du « Grenelle » pour protéger les paysages de l’effet dévastateur de l’affichage publicitaire.
Plusieurs mesures auraient en effet de très lourdes conséquences :

• la liberté absolue laissée aux mastodontes de l’affichage publicitaire à l’intérieur et aux abords des 53 stades de plus de 15 000 places, avec par exemple la possibilité d’implanter des écrans vidéo (visibles depuis l’extérieur du stade) d’une surface pouvant atteindre 50 m² et d’une hauteur illimitée ;

• la possibilité de déroger à l’interdiction des panneaux publicitaires scellés au sol de grand format dans nombre d’agglomérations de moins de 10 000 habitants, y compris dans les parcs naturels régionaux ;

• la suppression de l’une des seules règles visant à limiter la pollution lumineuse et ses conséquences néfastes sur la biodiversité.

Je vous demande donc de mettre vos actes en accord avec vos paroles et, pour les raisons que votre ministère exposait dans son communiqué du 25 septembre 2014, à ne pas signer ce projet de décret.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma considération la plus distinguée

Élodie Martinie-Cousty
présidente de l’UMIVEM